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Votre guide sur Bordeaux

Qu’est-ce qu’un
guide ?

Qu’est-ce qu’un <br/>guide ?

Le dictionnaire de l’Académie française en donne une définition générale : « Celui, celle qui conduit une ou plusieurs autres personnes, qui accompagne pour montrer le chemin » et plus ciblée « Se dit notamment de la personne qui fait visiter un musée, un monument, une ville, un site en donnant les explications nécessaires ».

Immense tâche, qui suppose une connaissance approfondie des lieux, de leur géographie, de leur topographie, de leur histoire, de leur économie, de leur patrimoine, et des populations qui y ont vécu au fil des siècles.  Récemment, en marchant dans les rues, comme j’aime le faire, en essayant de capter tout ce qui m’environne, une immense interrogation m’est venue. Comment pourrai-je jamais ne serait-ce que commencer à comprendre la complexité de la ville qui ne se limite pas à sa splendide vitrine, mais à chaque coin de rue, témoigne de réalités beaucoup plus foisonnantes, grouillantes, contradictoires, tant passées que présentes, auxquelles le visiteur a peu de chances d’accéder. Et parviendrai-je à « montrer le chemin » dans ce labyrinthe d’activités, de sons, de constructions, de destins humains, qui attire mon attention, me donne de l’émotion, mais se décline difficilement en fiches, thématiques, parcours ou jeux de piste.

J’ai grandi au Bouscat, dans une échoppe, au 63 rue Marceau, à une époque où les rues abritaient souvent des habitants de différents niveaux économique et social, artisans, ouvriers, employés, familles plus aisées occupant les maisons à étage, ainsi que des petites fabriques ou usines qui ponctuaient la journée de leurs sirènes.  Je reviendrai sur cette maison d’enfance, mais au moment de me demander d’où me vient ce souhait d’être guide , je me rappelle le petit jardin qui était à l’époque tout mon monde, et qui recelait des curiosités sans rapport avec les fleurs ordonnées plantées par mes parents, à savoir des « chais » remplis d’outils rouillés, de vieilles planches, dont les portes étaient recouvertes à l’intérieur comme à l’extérieur de clous et de pointes (pour quelles raisons je l’ignore), héritage d’époques ou le jardin n’était pas qu’un lieu de loisir et de détente, mais un moyen d’améliorer l’ordinaire avec le potager, sans compter l’atelier qui permettait de fabriquer, réparer et entreposer « au cas où ça servirait » un bric-à-brac inextricable. Je me souviens aussi de mes exaltations d’archéologue lorsque je tirais de la terre noire des morceaux de faïence ornés de motifs le plus souvent bleus, verts ou bordeaux dont j’avais une belle collection, et qui montraient combien, dans les années 60, on vivait encore sur le substrat du XIXème siècle. Reste à savoir si mon petit trésor était dû à la présence dans le quartier d’une manufacture de céramiques, aux multiples crises conjugales survenues dans l’échoppe, avec bris d’assiettes et lancer de carafes, ou à la maladresse des locataires successifs.

Toujours est-il que c’est de cette curiosité d’enfant solitaire, entourée de matériaux et d’objets cabossés échoués là depuis des années, qu’est née je crois ce lien fort au passé, aux générations précédentes, et ce besoin de trouver dans la ville du XXIème siècle toutes les strates et les fondations sans lesquelles elle ne serait plus qu’un décor sans chair, une vision figée, un parc à thème splendide mais glacé.

 

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Pascale Duclos
Guide-conférencière